Pour tous les experts interrogés par le Tout Express.ca, la forte hausse de la valeur des maisons est indéniable. « Jusqu’à concurrence de 250 000 $, la valeur des propriétés a doublé », a lancé de façon catégorique Michel Beaulac, agent immobilier chez Re/Max. Un avis que partage André Thorne, agent immobilier chez Royal LePage : « On pense toujours que la hausse va atteindre un plafond, mais on a toujours un 5 % d’augmentation par année, facilement », a-t-il estimé. Selon M. Beaulac, un bungalow tout ce qu’il y a de plus ordinaire se transige aujourd’hui en moyenne à 258 000 $ dans la région.
Par contre, le prix moyen des propriétés varie selon la ville dans laquelle on se trouve. Selon M. Thorne, un bungalow moyen construit dans les années 80-90 se transige aujourd’hui aux environs de 240 000 $ à Saint-Constant, et près de 40 000 $ plus cher à Candiac. Des chiffres qui ressemblent à ceux qu’avance Louis Robert O’Connell, agent immobilier pour le groupe Sutton. Selon lui, les bungalows des années 60 à 90 se vendent aux alentours de 239 000 $ à Saint-Constant, Sainte-Catherine et Delson, contre 269 000 $ à Candiac et La Prairie.
Pour André Thorne, cette disparité s’explique tout simplement par la bonne réputation de Candiac et de La Prairie. « La faveur populaire y est pour beaucoup », a expliqué celui qui observe toutefois un certain rattrapage dans les prix des propriétés à Saint-Constant. Selon Michel Beaulac, la « réputation de longue date » de Candiac, combiné à l’attrait de son club de golf, fait en sorte que les terrains qui s’y trouvent se vendent aux alentours de 28 $ le pied carré, contre 21 $ à Saint-Constant.
De plus en plus, le portrait type des acheteurs de maison tend à changer dans la région. « Il y a beaucoup de jeunes familles et de premiers acheteurs. Les loyers sont chers, donc les acheteurs sautent la clôture », a expliqué André Thorne.
Selon les trois agents immobiliers, une grande partie des nouveaux arrivants dans la région proviennent de Montréal. Tous trois observent également que de plus en plus de personnes d’origines étrangères suivent le mouvement en quittant la Métropole pour venir s’établir en banlieue, tout particulièrement dans les nouveaux développements.
Quel avenir pour l’immobilier ?
Bien qu’il soit difficile de prévoir l’avenir, on peut s’attendre à ce que le prix des propriétés continue à augmenter dans les années à venir. « Il y a deux ans, ça allait moins bien, mais cette année, ça commence à reprendre », a indiqué Louis Robert O’Connell, qui croit qu’après une période de prix gonflés, le coût des propriétés va reprendre une valeur plus réelle. De son côté, M. Thorne compare la situation actuelle de l’immobilier à la vie sur un respirateur artificiel. Selon lui, tant que les taux d’intérêt resteront bas, le marché va bien se porter dans la région, mais sitôt qu’ils augmenteront, ce sera plus dur pour les jeunes familles d’accéder directement à la propriété, comme c’est le cas actuellement.

