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4 h 44, un matin de mai

Publié le 8 Juin 2012
Publié le 8 Juin 2012

Hier, je vous avais écrit une belle chronique de bitchage. Faut croire que le dernier coup de matraque dans la figure de ma fille avait eu un effet dévastateur sur mon optimisme. Je n’avais ménagé personne : le voisin qui passe sa tondeuse le dimanche matin, l’autre qui joue encore avec la scie ronde à l’heure de l’apéro, le gars qui conduit comme un malade et qui t’envoie presque dans le décor, le gouvernement oppresseur, le capitaliste matérialiste consommateur égocentrique… Bref, rien de réjouissant. C’est ma belle blonde brune qui m’a remis sur les rails. « Ce n’est pas un Soleil de Nuit, désolée… ». Sur le coup, ça n’a fait qu’ajouter à mes frustrations. Puis, j’ai accusé le coup. Mais je suis quand même allé me coucher dans un état de confusion merdique. Il paraît que la nuit porte conseil. Dans mon cas, c’est à l’aube que ça se passe. Inutile de croire que je me rendormirai quand la machine à penser se met en marche aux petites heures du matin. Un jus d’oranges fraîchement pressées, un pot de café, j’ouvre l’ordinateur. Aussi bien en profiter. Ma belle blonde brune avait raison. Décrire la noirceur qui nous entoure avec colère et amertume, voire avec cynisme, n’a pour effet que d’augmenter la déprime qui nous tire vers le bas. Comme je le disais la semaine dernière, tournons plutôt le regard vers le brin de lumière qui passe au travers des petites fissures du mur. Mais ce matin, j’ai beau chercher, je n’ai pas de lumière à vous offrir. Vous pouvez m’aider, peut-être? Quand vous êtes au bout du rouleau, quand vous n’en pouvez plus de voir la misère et l’injustice autour de vous, quand vous sentez que la boucane vous sort par les oreilles, quand les plombs commencent à péter, que faites-vous pour retrouver la «zénitude»? J’aimerais bien vous entendre là-dessus. Il me semble qu’une peine partagée n’est déjà plus si lourde à porter… En attendant de revoir le soleil, je vous laisse avec un poème que j’ai écrit il y a quelques années. J’étais aux Îles-de-la-Madeleine, un matin de juillet, avec ma belle blonde brune… RÉVEIL / La beauté du jour / Empêche la nuit / D’engourdir l’esprit / Du veilleur attardé / Un rayon de douceur / Le regard de l’aimée / Les dernières brumes dissipées / Matins étoilés / Amours silencieuses / Le soir reviendra / Plus tard. Bonne semaine.

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