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Publicité bruyante

Normand Laberge
Publié le 4 Juillet 2012
Publié le 4 Juillet 2012
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La publicité des libéraux montrant la chef du Parti québécois, Pauline Marois, frapper deux couvercles de chaudron, a fait beaucoup de bruit la semaine dernière. Les images captées lors d'un rassemblement partisan dans la circonscription d'Argenteuil ont fait le tour du Québec. Si bien qu'elle s'est fait entendre d'est en ouest, de Gaspé à Gatineau.

Que faut-il en penser?

J'avoue d'entrée de jeu que je me contrefiche de voir Pauline Marois jouer de la casserole. Quand j'ai vu, pour la première fois, cette publicité à la télévision, mon premier réflexe n'a pas été de crier à l'injustice et de dénoncer le fait qu'il s'agissait d'une publicité négative. Je me suis plutôt dit : les élections sont proches et voilà une bonne façon de motiver les troupes libérales à quelques semaines du scrutin.

On sait depuis longtemps que Pauline Marois est contre la hausse des frais de scolarité, que plusieurs de ses militants tant à Trois-Rivières qu'à La Prairie participent activement à des manifestations de chaudrons pour protester contre l'adoption de la loi 78. Il n'y a rien de nouveau là-dedans. Était-il alors nécessaire de le démontrer dans une publicité et de le faire, qui plus est, en ridiculisant la chef du Parti québécois?

Les libéraux se défendent en disant que les images sont véridiques et qu'elles reflètent la réalité. Certes, c'est vrai. Mais je le répète, était-il nécessaire de diffuser les images au ralenti en noir et blanc dans le but de montrer le côté maladroit de la chef du Parti québécois frappant deux couvercles d'une casserole?

Si vous posez la question aux stratèges libéraux, ils vous diront que l'objectif était de démontrer que le Parti québécois a cédé aux pressions de la rue uniquement pour gagner des votes. Peut-être!

Reste que si l'objectif des libéraux était de fouetter ses troupes, le message aura, selon moi, tout l'effet contraire chez les électeurs. Ces derniers verront plutôt dans cette manœuvre du parti de Jean Charest une façon de détourner l'attention. Exit l'éducation, l'environnement et la santé. Place aux manifestations de chaudrons!

Idem pour la question entourant la commission Charbonneau. Voudra-t-on par la tourmente étudiante détourner l'attention pour éviter de parler de corruption, celle qui ronge du moins tout le système politique, surtout depuis le témoignage assassin de Jacques Duchesneau?

Il est clair que la question entourant les frais de scolarité sera débattue lors de la prochaine campagne électorale. Cependant, il ne faudrait pas que ce sujet prenne toute la place au point d'oublier ce à quoi il y a des élections : celui de porter au pouvoir le prochain gouvernement. Pour l'électorat, ce sera une belle façon de trancher à savoir si le gouvernement est sur la bonne voie ou s'il fait fausse route.

Une campagne électorale étant si courte, ce sera à l'opposition de remettre les libéraux à l’ordre et de replacer les choses dans leur perspective et de discuter des vrais enjeux. C'est une question de principe, pour ne pas dire de démocratie!

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