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L'été des chaudrons

Normand Laberge
Publié le 7 Juin 2012
Publié le 7 Juin 2012
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L'été s'annonce chaud cette année. Et précisons-le tout de suite, cela n'a rien à voir avec Dame nature.

La raison est fort simple et vous vous en doutez. Les manifestations étudiantes organisées à Montréal perturbent la circulation depuis un bon moment. Mais voilà, ce mouvement de protestations contre la hausse des frais de scolarité et la Loi 78 prend une toute autre tournure depuis quelques jours. Il a pour cible le Grand Prix, le Festival international de jazz, le Festival Juste pour rire.

Les effets du mouvement étudiant ont frappé une première fois en début de semaine quand on a appris que les organisateurs du Grand Prix avaient annulé leur journée «portes ouvertes» ce jeudi. Ils craignent les « menaces de perturbations exprimées dont il est difficile de mesurer précisément le bien-fondé » de celles-ci.

Dommage. Dommage pour les fans. Pour les commerçants. Pour la visibilité de Montréal.

Je ne suis pas un grand amateur de F1. Depuis le retrait de Jacques Villeneuve, j'ai moins d'intérêt. Mais là n'est pas la question. Cette journée est un événement couru chaque année à Montréal. Elle permet au public d'envahir le circuit Gilles-Villeneuve et d'admirer les F1. Ce rendez-vous récurrent depuis le début des années 1990 est l'une des marques distinctives du Grand Prix du Canada. Il attire 12 000 fans chaque année.

Qu'on soit amateur de formule ou pas, cet événement a des retombées importantes pour Montréal et pour le Québec. Non seulement sur le plan touristique, mais aussi, et surtout, sur le plan économique.

Bien que le mouvement étudiant ait manifesté son intention de ne pas empêcher les spectateurs de se rendre sur l'île Notre-Dame, je ne pense pas que cette mise en garde trouvera écho auprès des touristes de l'extérieur de Montréal qui voient à la télévision et dans les journaux, des images qui ne donnent vraiment pas le goût de visiter la métropole.

Tout comme je ne crois pas aux effets positifs qu'aura la rencontre entre le grand patron du Festival Juste pour rire, Gilbert Rozon, et les leaders étudiants dans l'ultime tentative de convaincre ces derniers de l'importance de ne pas nuire aux événements estivaux.

La solution demeure le dialogue entre le gouvernement Charest et le mouvement étudiant. Bien que plusieurs aient eu lieu entre les deux parties pour dénouer l'impasse, le problème est que chacun s'entête à demeurer sur ses positions. C'est comme si chacun ne voulait pas céder un pouce, de peur de perdre la face.

Reste qu'il va falloir que les deux parties mettent de l'eau dans leur vin. D'arrêter de penser que l'autre a tous les torts. Je le répète. Ce n'est pas important de savoir qui a raison, qui a tort.

Dans le cas où l'impasse persiste, je suis d'accord avec ceux qui souhaitent des élections provinciales à l'automne. Ce sera une façon de mettre fin, je l'espère, au conflit. Mais en attendant, il faudra vivre avec le festival qui battra tous les autres cet été. Celui du Festival des chaudrons!

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