Franfreluche peut être fière de ce qu'elle a accompli. Autant les bouts de chou de la génération X n'en avaient que pour elle. Autant ceux et celles d'aujourd'hui sont tout ouïe pour Tante Elby, Magie Rosée ou Nounou.
« C'est le féérique en temps réel! J'adore l'émerveillement des enfants », a souligné Louise Bédard, alias Tante Elby, qui anime l'heure du conte à Delson. Enseignante au primaire à la retraite, elle est maintenant convaincue de faire le plus bel aspect de l'enseignement.
Et qu'est-ce qui capte particulièrement l'attention des enfants pendant l'heure du conte? « Tout ce qui est très dynamique leur plaît beaucoup, tout comme l'humour », a exprimé France Charbonneau qui anime depuis peu l'heure du conte à La Prairie. Les bambins font preuve d'une grande écoute et l'interaction avec l'animatrice est encouragée.
Toutes les bibliothèques de la région offrent ce petit moment magique pour les 2 à 6 ans. Il s'agit en fait de l'une des premières activités instaurées dans une bibliothèque.
« Ç’a toujours été un hit! », a fait valoir Véronique Desautels, responsable de l'activité à Sainte-Catherine. « Une activité gagnante qui invite à la lecture », a mentionné de son côté Marie-Josée Roy, responsable de l'heure du conte à Saint-Philippe. Certaines bibliothèques ont même dû offrir davantage de séances ces dernières années pour répondre à la demande.
Le jour, le soir, la fin de semaine et même en pyjama… l'offre est variée. En semaine, on attire surtout les centres de la petite enfance. « Il y a eu un temps où on avait de la difficulté à maintenir l'activité. Grâce aux CPE, on se crée un bon réseau », a expliqué Danielle Routhier, responsable de la bibliothèque à Saint-Mathieu.
La plupart des bibliothèques fonctionnent par thématiques. Par exemple, les tout-petits à Saint-Constant ont exploré les contes traditionnels tout le printemps. Évidemment, la fête des Mères, la fête des Pères, l'Halloween, Noël et autres fêtes sont des sujets privilégiés.
Alors que certaines animatrices s'adressent directement aux poupons, d'autres utilisent une marionnette ou incarnent un personnage. C'est le cas de la populaire Tante Elby (Louise Bédard) à Delson. Sans aucun doute, le personnage a établi un lien de proximité avec les enfants qui l'appellent « ma matante Elby ». Dans ses propres contes, Mme Bédard tente de faire appel aux sentiments des enfants et d'y ajouter un aspect éducatif. « Prof un jour, prof toujours », a-t-elle résumé.
Avec ou sans parents? Deux théories.Quant à savoir si les parents devraient assister à l'heure du conte, les avis sont partagés. « Les parents n'y assistent pas, car ça dérange les enfants. Les tout-petits attendent les consignes du parent plutôt que celles de l'animateur », a fait savoir Nathalie Groulx, de Saint-Constant.
En revanche, papa et maman peuvent souvent donner un coup de main lors du traditionnel bricolage suivant le conte. « Une grand-mère qui participe au bricolage a avoué qu'elle viendrait même si elle n’était pas avec sa petite-fille! », a noté Mme Bédard, le sourire dans la voix. Comme quoi on demeure toujours sensible, à sa manière, au « beau conte pour nous amuser ».

