« Je voulais que les joueurs du coin puissent se réunir sans devoir se rendre à Brossard, Longueuil ou Montréal », a expliqué Pierre Calvez, copropriétaire de la boutique du Complexe sportif de La Prairie. Une douzaine de joueurs s’y rassemblent pour s'affronter dans des tournois d'environ 4 heures.
Mais qu'est-ce que Magic? « C'est un jeu de stratégie, un mélange entre le poker et les échecs », a résumé M. Clavez à la journaliste néophyte en ce domaine. Il faut donc considérer une part de stratégie, de chance et de bluff.
« J'aime l'aspect compétitif du jeu, qui permet de se dépasser dans ses stratégies, puis l'univers médiéval fantastique me rejoint aussi », a détaillé celui qui a fait gonfler l'inventaire de la boutique avec sa collection personnelle de près de 20 000 cartes.
Pour sa part, Alexandre Trudel préfère jouer dans un autre contexte : « J'aime l'aspect kitchen table. On se rassemble entre amis, on joue et on a du fun! », a confié celui qui a cumulé environ 10 000 cartes au cours des quatre dernières années. Les tournois sont plutôt de bonnes occasions pour tester ses stratégies.
Les compagnies de cartes Magic savent comment garder ses joueurs en haleine. « C'est un jeu qui conserve son attrait parce qu'il se renouvelle constamment avec quatre nouvelles séries par année, ce qui t'amène à changer tes stratégies », a indiqué M. Calvez.
Bien que Magic s'adresse à tous, ce sont surtout des joueurs dans la vingtaine (que des gars!) qui se réunissent à la Prairie, que ce soit au Complexe sportif ou au Bleu urbain qui organise aussi des rencontres.
Pour tous les niveaux et tous les portefeuilles
Il existe différents types de tournois, plus ou moins compétitifs et accessibles, selon les cartes requises pour jouer. Ceux qui se font à La Prairie sont standards. M. Calvez souhaite ainsi rejoindre un peu tout le monde. Et il n'en coûte que deux dollars pour participer.
Les cartes les plus anciennes et les plus rares prennent beaucoup de valeur. « Une Black Lotus, en bonne condition, peut valoir 2000 $, c'est une carte de collection », a souligné Pierre Clavez.
« Tu acceptes de mettre de l'argent là-dedans, mais dès que tu es tanné de jouer, tu peux tout revendre et faire de l'argent », a ajouté un autre adepte. « Quelqu'un que je connais avait acheté des boîtes à 200 $ il y a quelques années, puis les revend à 30 000 $ aujourd'hui », a raconté Mikaël Gagnon, un joueur de Sainte-Catherine.
Pierre Calvez, qui a déjà participé au Grand Prix Montréal réunissant 1200 joueurs, a spécifié qu'il existe des professionnels de Magic, qui courent les concours et peuvent même en vivre, commandités par des compagnies de cartes. La cagnotte d’un tournoi peut parfois atteindre 15 000 $. « Mais c'est une minorité de joueurs », a-t-il avoué.

