Geneviève Després est illustratrice d'albums jeunesse. Le dernier album de cette artiste de Saint-Lambert, Le petit chevalier n'aimait pas la pluie, a remporté le Prix de l'album illustré du Salon du livre de Trois-Rivières en avril dernier. Découvrez son univers ludique au Complexe Saint-Laurent de la Prairie, jusqu'au 10 juillet. Que présente votre exposition? Il y a une trentaine d'illustrations. Et j'accroche toujours l'album dans lequel se trouve l'illustration pour que ce soit plus interactif, que l'on puisse voir comment elle a été imprimée avec le texte et la mise en page.
Comment qualifieriez-vous votre style?Les gens me disent que les particularités de mes dessins, ce sont les expressions et la sensibilité des personnages. Je mise beaucoup sur la spontanéité, puis j'essaie d'intégrer le mouvement et la lumière.
Quels matériaux utilisez-vous?Ça dépend de l'histoire. J'ai fait beaucoup d'acrylique et d'aquarelle, j'utilise de plus en plus la gouache. La série Mon chou a été faite sur des boîtes de blocs Lego. On voit encore les plis des boîtes, ç’a été imprimé tel quel dans le livre. Certains albums ont été faits sur des sacs d'épicerie bruns.
En plus des illustrations pour albums jeunesse, vous avez fait de la peinture?J'espérais pouvoir faire les deux. Je me disais que j'allais davantage m'y consacrer quand le téléphone ne sonnerait pas, mais je n'ai pas le temps. J'ai six autres albums qui m'attendent. C'est un beau problème! Mon but pour 2012 et 2013 serait de travailler avec des éditeurs du Canada anglais. C'est triste, mais au Québec, ce n'est pas payant.
Collaborez-vous avec les auteurs?J'ai toujours eu carte blanche, mais ça dépend des éditeurs. Pour Le petit chevalier n'aimait pas la pluie, j'ai rencontré Gilles Tibo. Parce qu'il est un auteur jeunesse très connu, c'est lui qui m'a choisie. Il voulait quelque chose de léger et vivant. Il m'a pointé une ou deux de mes illustrations qu'il avait aimées. J'ai tout imaginé ensuite.
Est-ce que le fait de devoir illustrer un texte est contraignant?Pas du tout. J'aime illustrer ce qui n'est pas écrit. C'est inintéressant quand l'image dit exactement la même chose que le texte. J'essaie d'aller au-delà du texte, d'ajouter des détails et de nouveaux personnages.
Vous êtes diplômée en design industriel. Qu'est-ce qui vous a mené à l'illustration jeunesse?J'ai travaillé trois ans dans une compagnie de design industriel. Et je me suis aperçue que ce qui m'intéressait le plus était l'étape de la conception, de faire des dessins sur papier. Je me suis inscrite au programme de design graphique de l'UQAM, et je me suis lancée là-dedans de façon autodidacte.

