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Connaître son histoire pour exister

Marcel Tessier a grandement insisté sur l’importance de connaître son histoire et d’être fiers de nos origines. (Photo: Ali Dostie)

Marcel Tessier a grandement insisté sur l’importance de connaître son histoire et d’être fiers de nos origines.

Ali Dostie
Publié le 2 Mai 2012
Publié le 2 Mai 2012
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Marcel Tessier transmet sa passion à Sainte-Catherine

« Ne pas connaître son histoire, c’est comme ne pas en avoir. »

Voilà une façon de résumer en quelques mots les propos de Marcel Tessier lors de la conférence qu’il a accordée à Sainte-Catherine le 24 avril dernier. L’événement lançait les festivités du 75e anniversaire de la ville. L’historien a invité les gens à chercher par eux-mêmes, à s’informer, à aller aux sources.

Tout le monde devrait connaître son histoire. M. Tessier s’en est pris à ceux qui prétendent que l'étudier n’est pas payant. « Ce n’est pas parce que tu es docteur ou plombier, que tu ne dois pas la connaître! », s’est-il insurgé. Il a même osé dire qu’il y a « un paquet de gens qui ne connaissent pas leur histoire nationale… et ils dirigent le pays! C’est enrageant! »

Le coloré pédagogue n’a pas mâché ses mots. Il juge que l’histoire est mal enseignée dans les écoles, mais que les professeurs ne sont pas à blâmer. « Ils font leur possible, mais n’ont pas eu de cours », a expliqué M. Tessier. Une professeure lui a d’ailleurs raconté qu’elle était mal à l’aise d’enseigner une matière qu’elle ne maîtrisait pas : « J’y consacre le moins de temps possible, pour ne pas avoir l’air niaiseuse », lui aurait-elle avoué.

Les fausses croyances

Tout au long de la conférence, l’historien a passé en revue le Régime français, le Régime anglais puis la période de la Confédération à nos jours. Il a tenu à remettre les pendules à l’heure en relevant certaines faussetés perpétuées dans les croyances populaires. Commençons par le début : « Les Français n’ont pas découvert le Canada. Ce sont les Indiens qui venaient d’Asie et qui sont passés par le détroit de Béring. Ils étaient là depuis 1200 ans! »

Marcel Tessier s’est aussi porté à la défense des filles du Roy, ces orphelines envoyées par le ministre Colbert pendant le Régime français pour marier les colons en Nouvelle-France. « Elles n’étaient pas des putains, elles étaient des bosseuses! », a-t-il lancé. Il a fait part d’une recherche de l’historien Marcel Trudel au sujet de 900 filles du Roy. Seulement sept ou huit d’entre elles avaient eu des problèmes avec la justice.

Les autres sont meilleurs

M. Tessier, originaire du quartier de Saint-Henri à Montréal, a également partagé des anecdotes tirées de sa propre vie. Quand il s’est aventuré pour la première fois dans le quartier qui lui était interdit par son père, Westmount, il a été surpris de voir ces maisons en pierre et les automobiles devant chacune d’elles. « C’était beau, mais ça parlait une autre langue», a-t-il insisté. Son père l’avait alors averti: « On travaille pour eux autres, il faut que tu leur plaises ». Ainsi, un Canadien français était toujours deuxième. Ce sentiment d’infériorité était bien incrusté dans les croyances. À ce propos, il a raconté que sa mère ne faisait soigner ses enfants que par des médecins juifs qu’elle croyait plus doués que les Canadiens français. « Quand tu as été colonisé trois fois, les autres sont meilleurs », a expliqué M. Tessier. La religion catholique aurait aussi contribué à entretenir cette mentalité chez les Canadiens français, selon lui. Devoir expier tous ses péchés à la confesse, faire acte de contrition parfaite entretiendraient ce sentiment de culpabilité. « Quand on explique que si tu as commis le péché d’impureté, tu brûleras en enfer et que le diable te piquera où tu as péché, comment veux-tu qu’un ti-cul dorme? », s’est écrié M. Tessier. « Ça explique comment le peuple québécois agit », a-t-il laissé tomber, dans un silence. Il a conclu en rappelant à ses auditeurs « qu’il faut être fier de ce qu’on est. On est un peuple extraordinaire. Même si on a reçu des claques sur la gueule, on n’a pas le droit d’arrêter ».

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