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Séduire les jeunes lecteurs

Danielle Simard estime que le Salon du livre de La Prairie est un événement très important afin d’inciter les jeunes à la lecture. (Photo courtoisie)

Danielle Simard estime que le Salon du livre de La Prairie est un événement très important afin d’inciter les jeunes à la lecture.

Ali Dostie
Publié le 2 Mai 2012
Publié le 2 Mai 2012
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Avec les jeux vidéo, les ordinateurs, les cellulaires et autres gadgets, ce n’est pas une mince affaire d'inciter les jeunes à la lecture.

L'auteure Danielle Simard convie les jeunes au Salon du livre jeunesse de La Prairie dont elle est la présidente d’honneur. L’événement se déroulera du 8 au 10 mai au Complexe Saint-Laurent.

Que pensez-vous du Salon du livre jeunesse de La Prairie?

J’y suis allée quelques fois. C’est vraiment formidable, ça permet aux jeunes de participer à un événement sur le livre, près de chez eux. Il y aura des rencontres avec les auteurs, la possibilité d’acheter les livres sur place. Plusieurs auteurs rencontreront des enfants, de la maternelle au secondaire. C’est toujours très stimulant pour eux.

Est-ce différent des ateliers que vous animez dans les écoles?

Dans le cadre d’un salon comme ça, c’est particulier. D’abord, on a la chance de se rencontrer entre auteurs. Dans les écoles, il y a une grosse distance entre nous et nos livres. Certains ne savent pas comment les trouver, on ne se promène pas avec nos livres pour les vendre sur place. On leur dit d’aller à la librairie, et on nous demande : "c’est où ça la librairie?". Et dans certains coins, il n’y en a tout simplement pas.

Les enfants ont-ils parfois de drôles de questions?

Ça dépend de l’âge, les tout-petits ont des questions très naïves! J’en ai vu qui pleuraient quand on racontait une histoire, parce qu’ils pensaient que c’était vrai!

Qu’est-ce qui vous a attiré vers la littérature jeunesse?

J’y suis arrivée par le dessin. Pour les illustrateurs, c’est le domaine le plus attirant. Il y a beaucoup de liberté. J’aimais beaucoup les albums illustrés, j’aimais dessiner. Mais en même temps, je suis une grande lectrice. J’ai toujours eu une passion pour le livre quand j’étais enfant et ça ne m’a pas lâchée. Après avoir fait les albums, j’ai écrit un roman et je me suis aperçue que je préférais l’écriture. Ça a été une surprise pour moi. On a une très grande liberté que l’on n’a pas en dessin, parce qu’on illustre un texte qui existe déjà.

Y a-t-il une étroite collaboration entre écrivains et illustrateurs?

Ça dépend des éditeurs, certains n’organisent pas de rencontre. D’autres le font et on va discuter ensemble. C’est mieux qu’il y en ait, mais le grand maître d’œuvre est l’éditeur.

Qu’est-ce qui vous inspire?

Je m’inspire de tout! Ça peut venir de mon imagination. Des fois, c’est un fait qu’on m’a raconté. La série Les semaines de Julien Potvin est inspirée de deux histoires que m’avait racontées mon mari, vécues quand il était petit. Le personnage principal de la série est inventé, mais basé sur quelqu’un que je connais. D’autres histoires ont été inspirées par des sujets que j’ai entendus dans les écoles. Je suis à l’affût de tout.

Faites-vous de la recherche avant d’écrire?

Ça arrive, mais ce n’est pas systématique. Je parle beaucoup avec les professeurs, je rencontre beaucoup d’enfants. J’ai moins besoin de lire. C’est là que je vais chercher mon inspiration et mes connaissances.

Avez-vous souvenir des livres de votre enfance?

Quand j’étais petite, on n’avait pas le vaste choix qu’ont les enfants aujourd’hui. C’était de très anciens romans. Quand on lisait, on s’en allait souvent dans un autre temps et un autre pays. J’ai lu des romans de la comtesse de Ségur, Oliver Twist, etc. Ça ne se passait jamais au Québec. Je me souviens, adolescente, avoir aimé la série Sylvie hôtesse de l’air. Les romans Marabout étaient une des rares collections qui faisait des romans contemporains.

Est-ce difficile de capter l’attention des enfants alors qu’ils sont très sollicités par les jeux vidéo et l’ordinateur?

Les enfants n’ont pas beaucoup le temps de lire. C’est pour ça qu’un événement comme le Salon du livre de La Prairie est extrêmement important. Je ne dis pas qu’il faut qu'ils lisent au lieu de voir un film. D’un point de vue académique, la lecture les aide énormément. S’ils ont des profs qui leur parlent des livres qu’ils ont aimés, qui font des activités de lecture en classe, on peut aller les chercher plus facilement. Mais il faut les séduire, il ne faut pas attendre que ça vienne d’eux.

Avez-vous la même approche envers les garçons et les filles?

Lors des ateliers, c’est impossible… avec des classes mixtes! Les filles et les garçons n’ont pas les mêmes intérêts et on dirait que c’est pire maintenant. Je pense que la plupart de mes livres peuvent aller chercher les deux. Même quand on rencontre les enfants, il y a un terrain commun.

Et les adultes peuvent-ils aussi être bon public?

Quand j’écris, il faut que ça me plaise, comme adulte. Alors, c’est sûr ça va aller chercher d’autres adultes, des professeurs. Je n’écris jamais en me disant « c’est rien que pour les enfants ». Je me mets au niveau de l’enfant pour qu’il me comprenne.

Y a-t-il des messages spécifiquement destinés aux adultes? @R2 Ce n’est pas voulu au départ, mais c’est sûr qu’il y en a! La mère de Julien Potvin est très exigeante. Un parent qui lit le livre se reconnaîtra peut-être. Comment établir le public cible d’un livre?

On le sent en écrivant. Il y a aussi l’âge du héros qui est à considérer. Des fois, je me lance dans un projet et m’aperçois en cours d’écriture à qui il s’adresse. J’aime varier les thèmes et les groupes d’âge à qui je m’adresse. Selon le groupe d’âge, on va changer le ton, le vocabulaire. C’est très amusant de passer de l’un à l’autre.

Quels sont vos projets en cours?

J’écris un nouveau roman pour les 11-12 ans. Je poursuis également la série de Julien Potvin. Mercredi jour de fête sortira à l’automne.

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