• Imprimer
  • Envoyer à un ami
  • Commenter (0)
  •  

Sculpteur autodidacte

L’œuvre  Entre ciel et terre  intègre un morceau d’avion, une pièce d’une faucheuse et une roue. (Photo courtoisie)

L’œuvre Entre ciel et terre intègre un morceau d’avion, une pièce d’une faucheuse et une roue.

Ali Dostie
Publié le 30 Avril 2012
Publié le 30 Avril 2012
Ali Dostie  RSS Feed

Jacques Rioux fait de la sculpture sur aluminium depuis huit ans. Enseignant à temps plein au Centre de formation Compétence Rive-Sud, il prendra sa retraite dans un an. Et il a bien hâte de se consacrer pleinement à son art.

Ses œuvres seront exposées à la bibliothèque Léo-Lecavalier de La Prairie, dès le 7 mai. Sa plus récente création consiste en une série de bas-reliefs sous le thème médiéval. Plusieurs de ses œuvres ont aussi de particulier que l’on peut y repérer de véritables objets qu’il intègre à la sculpture. M. Rioux a remarqué que « les gens aiment porter leur attention sur les détails et reconnaître des outils antiques tels des pinces, des clés, un ciseau à bois ».

M. Rioux crée souvent une paire d’œuvres sous le même thème, que ce soit des oiseaux ou le poète Émile Nelligan. D’ailleurs, La main du poète et Le Vaisseau d’or ont été vendues aux enchères au profit de la Société canadienne du Cancer. Le propriétaire du Manoir Rouville-Campbell à Mont St-Hilaire, a mis la main sur ces deux œuvres qui occupaient une place particulière dans le cœur du sculpteur. « C’est difficile de se départir de ses œuvres. Au début, ça m’a pris du temps à l’accepter », a révélé le récipiendaire de la Bourse Bélanger Sauvé de la Fête des Arts de Saint-Basile-le-Grand.

M. Rioux est responsable de tout le processus de création, à commencer par la fabrication de ses propres outils. « Internet m’a beaucoup aidé pour la confection d’outils. Je voulais tout faire moi-même. J’ai confectionné un poêle, des outils et j’ai réussi à faire fondre l’aluminium chez moi ».

Le résidant d'Otterburn Park s’est tourné vers l’aluminium parce que c’est un métal qui fond très bien, soit à 700 °C au lieu de 1200 °C pour le bronze, par exemple. Comment procède-t-il pour créer ses œuvres? « Je fais l’empreinte dans le sable. Ça permet une plus grande liberté au niveau du travail. Le résultat est assez surprenant, le grain du sable donne une texture intéressante ».

Alors que le sable convient davantage aux bas-reliefs, il emploie également la mousse de polystyrène pour ses sculptures trois dimensions. Il a expliqué qu’il « introduit la pièce en styromousse dans le sable, avec deux cheminées pour faire la coulée. Le métal remplace la styromousse qui fond ».

L'artiste trouve son aluminium un peu partout, notamment dans les moteurs recyclés. Enseignant en mécanique automobile, il récupère les culasses qu’achète l’école pour faire pratiquer les étudiants. « Je veux réduire le plus possible les coûts de production », a justifié M. Rioux. L’été, il visite les brocanteurs et l’automne, il fouille dans les cours à rebuts à la recherche de matériaux de base et d’objets qu’il pourrait intégrer à ses œuvres. « J’ai fait une sculpture avec un vieux piège à ours fait maison que j’avais trouvé », a-t-il donné en exemple.

Le temps, c’est de l’argent?

Concevoir une sculpture, ça prend plus d’une semaine. « Les gens me posent toujours cette question. Ils veulent mettre un temps et un signe de piastre. Je leur réponds que ça demande beaucoup d’heures, mais que je ne calcule pas ». Il faut bien considérer le temps d’y penser à cette fameuse œuvre, de laisser mûrir l’idée, de dessiner puis de produire. La coulée à elle seule prend une journée complète. Puis, il y a la finition. M. Rioux a dit apprécier ce moment où la pièce se révèle à lui : « c’est toujours une surprise quand tu démoules la pièce. J’aime ça quand c’est un peu déformé, quand il y a un détail brisé ».

Un couple d’artistes

Son épouse, Diane Nadeau, est artiste peintre depuis 15 ans. C’est en l’accompagnant dans les musées que M. Rioux s’est intéressé aux différentes formes de sculptures. « Ma femme est la première critique de mes œuvres et elle est très critique! », a-t-il laissé tomber. Avec deux artistes sous un même toit, l’art n’est pas qu’un simple passe-temps, c’est un mode de vie.

Il apprécie beaucoup la sculpture monumentale. Parmi les artistes qui l’inspirent, il a mentionné le sculpteur Jordi Bonet. C’est en apprenant que le célèbre artiste utilisait la mousse de polystyrène qu’il s’est tourné vers ce procédé. Il a aussi vanté le travail de Pierre Dupras, sculpteur qu’il a découvert à l’exposition Nature et Création de Dunham à laquelle il a lui-même participé en 2010.

Publicité

Infolettre

Inscrivez votre courriel et recevez nos nouvelles dès leur parution !

Inscription aux nouvelles en direct
loading...

Publicité