Un La Prairien de 15 ans est branché sur un cœur mécanique depuis maintenant plus de huit mois et attend celui qui lui permettra de retrouver une vie normale.
En septembre dernier, Vincent Lambert a subi une insuffisance cardiaque terminale. Il a alors été branché à un cœur artificiel, après quoi des complications sont survenues telles des hémorragies et des caillots sanguins. Il est passé trois fois sur la table d'opération. Depuis l'âge d'un an, il est atteint d'une myocardite, une infection au cœur.
« On trouve ça long. Vincent est le premier sur la liste. Notre foi est mise à l'épreuve », a confié Lyne Chabot, la mère de Vincent. Si le délai est si long, c'est parce qu'il est difficile de trouver un cœur qui remplit toutes les conditions nécessaires.
Plusieurs facteurs sont à considérer, comme son poids, son groupe sanguin et la grosseur de ses vaisseaux sanguins. « Il a reçu 183 transfusions, alors il a développé des antigènes qui pourraient réagir à un cœur du même groupe sanguin que lui », a spécifié Mme Chabot.
« En moyenne, l'attente pour une transplantation d'organe est de six mois à un an. Pour Vincent, il faut trouver le cœur d'un adolescent ou d'un adulte de petite taille. C'est moins difficile qu'un bébé d'un ou deux ans », a informé Dre Samara Zavalkoff de l'Hôpital de Montréal pour Enfants.
« Et il y a le destin… », a ajouté la mère de Vincent. Le destin peut en effet influencer le cours des choses, parce que tous ne peuvent être un donneur. Il faut attendre un décès subit, c'est-à-dire une mort cérébrale où l'organisme est toujours vivant. Et le cœur doit être transplanté dans les quatre heures suivant le décès. Le taux de réussite de cette opération majeure est tout de même de 90 %.
À la suite de la transplantation, « Vincent sera sous médication et ne devra attraper aucun virus. Il y a certains risques, mais c'est évidemment beaucoup mieux que la situation actuelle », a fait comprendre Dre Zavalkoff.
Le soutien de l'entourageVincent passe toutes ses journées dans sa chambre à l'Hôpital de Montréal pour Enfants. Seulement une poignée de gens peuvent le faire marcher. « Il peut passer deux ou trois jours sans sortir de sa chambre, il est un peu dépressif », a relaté Mme Chabot.
Par contre, Vincent a reçu un important appui de son entourage. Ses parents passent beaucoup de temps avec lui, tout comme son frère Nicolas et ses deux demi-sœurs plus âgées. Ses amis proches lui rendent visite régulièrement. De plus, il discute à l'occasion sur Skype avec ses collègues de l'école Saint-François-Xavier. « Depuis la conférence de presse, il reçoit beaucoup de messages sur Twitter. Il a beaucoup de support », a laissé savoir sa mère.
Malgré tout, « c'est beaucoup de stress. Il est au courant de toute la situation, des risques d'hémorragie, de caillots... On a une épée de Damoclès au-dessus de la tête », a-t-elle laissé tomber.
Signer sa carte. Oui, mais…Il est bien sûr important de signer sa carte de don d'organes, mais « il faut discuter avec la famille à qui revient la décision, leur dire clairement que tout est réfléchi, que c'est notre décision », a précisé Dre Zavalkoff. Mme Chabot, qui a vécu la situation lors du décès de son père, a assuré que tout est fait de façon professionnelle. « Ça n'enlève rien au rituel. Et une fois la poussière retombée, on se sent bien sachant que l'on a sauvé une vie ».
Elle juge également que le don d'organes est une cause taboue puisqu'elle touche aux croyances des gens. « Mais ça sauve une vie, directement! », a-t-elle insisté. C'est pour cette raison qu'elle a accepté de lancer cet appel aux médias il y a quelque temps, pour son fils et tous ceux qui se trouvent dans une situation semblable.

