Trois candidats péquistes de la région ont mis sur pied un collectif pour la création d'un cégep dans la région du Roussillon. Pierre Langlois (La Prairie), Alain Therrien (Sanguinet) et Maryse Perreault (Châteauguay) ont procédé au lancement de ce collectif le 18 mai, à Saint-Constant. « On vous tend la main, on cherche des appuis de la part des commissions scolaires, des parents, du milieu des affaires », a affirmé M. Therrien. « On est à la genèse du projet », a-t-il spécifié.
M. Therrien a fait part de son projet au parti Québécois afin qu'il soit inclus dans la plateforme régionale du PQ. « Notre mandat est de les convaincre et de les forcer à le faire », a soutenu M. Therrien qui enseigne aussi au cégep André-Laurendeau depuis 20 ans.
Aucune discussion avec de potentiels partenaires n'a été jusqu'ici amorcée. Le collectif souhaiterait collaborer et établir des accords avec entre autres le nouveau complexe sportif annoncé à Delson et le projet de deux glaces à Saint-Constant. « On n'est pas en compétition », a assuré le candidat de Sanguinet.
L'idée d'un autre cégep dans le Roussillon n'est pas nouvelle. Elle avait déjà été évoquée en 1998. Selon M. Langlois, les besoins ont beaucoup changé: « le cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu et le cégep André-Laurendeau n'avaient pas atteint cette surcapacité d'aujourd'hui ». La région a connu une croissance économique depuis cette première proposition. M. Langlois a également précisé que la proposition d'il y a 15 ans consistait en une offre de cours dans un campus satellitaire, ce qui « aurait été plus problématique », a-t-il expliqué.
Arguments convaincants
Les trois candidats ont présenté leurs arguments quant à la nécessité d'un cégep dans le Roussillon. L'explosion démographique de 17 % depuis 1998 a été évoquée. « Il suffit de faire le tour des arénas et centres sportifs pour constater une forte concentration de jeunes familles », a ajouté M. Therrien. De plus, les cégeps de la région de Montréal sont en surcapacité (évaluée à 1000 étudiants).
Un cégep permettrait de réduire la pénurie de main-d'œuvre dans certains secteurs. « Le taux de chômage est à 8 %, même s'il y a pénurie de main-d'œuvre dans certains domaines. Ça prouve que la formation des gens ne correspond pas aux besoins des marchés. C'est là qu'interviendrait un cégep », a mentionné M. Therrien.
Pierre Langlois a abordé la nécessité économique de détenir un cégep dans la région, évoquant les besoins précis des PME, par exemple en aide en entrepreneurship, en aide en exportation et en aide au financement. « Un cégep vient collaborer avec les entrepreneurs et le tissu économique d'une région. Il devient un outil de développement », a-t-il fait part.
Bien qu'il soit encore trop tôt pour déterminer l'emplacement d'un établissement d'études collégiales ou tout autre plan de réalisations, le collectif mise sur l'axe Châteauguay – La Prairie. Quant aux délais de réalisation, M. Therrien a répondu que le collectif souhaite que « ça aille le plus vite possible. Avec trois députés, ça peut aller très vite ».
Le cégep devrait tenir compte des besoins spécifiques de la région, en offrant notamment des techniques agricoles et agroalimentaires, des techniques en développement durable et environnement et une formation continue pour l'éducation aux adultes et la requalification de la main-d'œuvre. « Les portes sont grandes ouvertes pour le choix des programmes et l'identité de cet établissement », a indiqué Mme Perreault.
Aucun chiffre précis n'a été lancé quant au prix de la construction du cégep, mais M. Therrien a évoqué un investissement de 35 à 40 M$. « Les dépenses en éducation, ça n'existe pas. C'est un investissement dans l'avenir », a nuancé Mme Perreault.

