« Le logement social, c'est la seule solution durable ».
C'est ainsi que s'est exprimé François Giguère du Comité logement Rive-Sud. Ainsi, il abonde dans le même sens que le FRAPRU qui a constaté que le logement social est plus que jamais nécessaire.
En effet, le privé se désintéresse de plus en plus des logements locatifs, et ce sont les familles à plus faibles revenus qui écopent. « Quand le secteur privé construit, c'est pour ceux qui peuvent payer un 4 ½ à 900 $, pas pour les gens qui travaillent au salaire minimum », a évoqué M. Giguère. C'est d'ailleurs pourquoi il y a plus de constructions de résidences pour personnes âgées.
Ainsi, le privé se tourne vers le marché des condos qui est plus rentable à court terme. De plus, « on remarque depuis les années 2000 que les locataires les plus rentables deviennent propriétaires », a noté François Saillant, coordonnateur du FRAPRU.
Dans ce contexte où le logement social redouble alors d'importance, le FRAPRU juge que les subventions actuelles sont insuffisantes. « Le gouvernement devrait investir davantage », a déploré M. Saillant. Au gouvernement provincial, Accès Logis est l'unique programme permettant la construction de logements sociaux. Or, 50 % du financement des coopératives d'habitation est gouvernemental.
« La grande majorité des 2500 logements subventionnés par Accès Logis sont dans les régions métropolitaines de Montréal, de Québec et de Gatineau. Ça en laisse trop peu pour les autres régions du Québec », a dénoncé le coordonnateur du FRAPRU.
« De grands pas »Du côté de la Société d'habitation du Québec (SHQ), qui est responsable du programme en question, on s'est défendu en affirmant que ces subventions permettent la construction de 2000 à 3000 logements par année, et ce depuis une dizaine d'années. « On a fait de grands pas », a assuré François Simard, relationniste à la SHQ.
« On est conscient de ne pas répondre à tous les besoins, mais on essaie d'aller dans les régions où c'est le plus urgent », a-t-il argumenté. Quant au budget qui leur est accordé, « on n'a pas de contrôle là-dessus, c'est politique », a-t-il précisé.
Par ailleurs, il n'est pas impossible que le gouvernement provincial soit bientôt le seul à subventionner la construction de logements, puisque les programmes fédéraux (subventionnant 85 % des coopératives d'habitation) arrivent bientôt à échéance. « Si on retire ces subventions, les locataires à faibles revenus n'arriveront plus à payer », s'est désolé M. Saillant.

